
Envie d’entreprendre : Le guide complet pour passer de l’idée à l’action
juillet 19, 2025
Comment Trouver des Clients : 8 Stratégies Efficaces pour Booster Votre Business
juillet 19, 2025La cession de votre entreprise représente l’aboutissement de nombreuses années de travail et d’investissement. C’est une étape cruciale, autant sur le plan personnel que financier. Cependant, une ombre vient souvent obscurcir ce tableau : l’imposition de la plus-value réalisée. Sans une bonne préparation, cette fiscalité peut considérablement réduire le fruit de vos efforts.
Heureusement, des solutions existent. Le législateur a prévu plusieurs dispositifs permettant d’alléger, voire de supprimer totalement, cet impôt. L’objectif de ce guide est de vous éclairer sur ces mécanismes parfois complexes mais essentiels pour optimiser la transmission de votre société.
Nous aborderons pas à pas les trois principaux dispositifs d’exonération basés sur le chiffre d’affaires, la valeur de votre entreprise ou votre départ à la retraite. Nous explorerons également une alternative stratégique, le report d’imposition, pour ceux qui souhaitent réinvestir.
Qu’est-ce que la plus-value professionnelle et comment est-elle imposée ?
Avant d’explorer les solutions d’exonération, il est indispensable de comprendre ce que l’on cherche à optimiser. Lorsque vous cédez des actifs de votre entreprise (comme des titres de société, un fonds de commerce ou des brevets), la plus-value professionnelle correspond à la différence positive entre le prix de vente et leur valeur d’origine dans vos comptes.
C’est sur ce gain que l’administration fiscale applique une imposition, dont le mode de calcul dépend d’une distinction fondamentale.
La distinction cruciale : plus-value à court terme vs à long terme
La nature de la plus-value est déterminée par la durée de détention des biens cédés :
- La plus-value à court terme (CT) : Elle concerne les biens détenus depuis moins de 2 ans. Fiscalement, elle est traitée comme un bénéfice classique de l’entreprise. Elle est donc ajoutée au résultat de l’exercice et soumise au barème progressif de l’impôt sur le revenu (IR) si vous êtes en entreprise individuelle, ou à l’impôt sur les sociétés (IS) si votre société y est soumise.
- La plus-value à long terme (LT) : Elle s’applique aux biens détenus depuis plus de 2 ans. C’est elle qui est au cœur de notre sujet, car elle bénéficie d’un régime de faveur.
L’imposition par défaut : le Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) de 30 %
Par défaut, les plus-values à long terme réalisées par une personne physique lors de la cession des titres de sa société sont soumises à ce qu’on appelle la flat tax, ou Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU).
Ce prélèvement de 30 % se décompose ainsi :
- 12,8 % au titre de l’impôt sur le revenu.
- 17,2 % au titre des prélèvements sociaux (CSG, CRDS…).
C’est ce PFU de 30 % que les dispositifs d’exonération visent à réduire ou, dans le meilleur des cas, à supprimer totalement.
Les 3 grands dispositifs pour une exonération de plus-value
Maintenant que les bases sont posées, explorons les trois principaux leviers qui permettent d’obtenir une exonération totale ou partielle de l’impôt sur la plus-value. Chacun répond à une situation différente. Il est crucial d’identifier celui qui correspond à votre projet et à la situation de votre entreprise.
1. Exonération selon le chiffre d’affaires : l’article 151 septies du CGI
Ce dispositif est l’un des plus courants. Il permet d’exonérer la plus-value en fonction du montant des recettes de l’entreprise.
- Pour qui ? Il s’adresse principalement aux entrepreneurs individuels (EI) et aux associés de sociétés de personnes (SARL de famille, EURL, SNC…) qui exercent leur activité professionnelle au sein de l’entreprise.
- Conditions clés :
- L’activité doit avoir été exercée pendant au moins 5 ans.
- La cession doit porter sur l’intégralité des éléments de l’actif affectés à l’exploitation (une branche complète d’activité ou la totalité de l’entreprise).
- Les seuils de chiffre d’affaires : L’exonération dépend de la moyenne des recettes hors taxes des deux années civiles précédant la cession.
| Type d’activité | Exonération totale si CA < | Exonération partielle si CA entre |
| Vente de marchandises, restauration, hébergement | 250 000 € | 250 000 € et 350 000 € |
| Prestations de services (BNC et BIC) | 90 000 € | 90 000 € et 126 000 € |
- Point d’attention majeur : Ce dispositif exonère la plus-value de l’impôt sur le revenu, mais les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus.
2. Exonération selon la valeur de l’entreprise : l’article 238 quindecies du CGI
Ce second mécanisme ne se base plus sur le chiffre d’affaires, mais sur la valeur des éléments transmis lors de la cession.
- Pour qui ? Il s’applique à la cession d’une entreprise individuelle, d’une branche complète d’activité ou de l’intégralité des droits d’une société de personnes.
- Conditions clés :
- L’activité doit avoir été exercée pendant au moins 5 ans.
- Le cédant ne doit pas détenir de contrôle sur l’entreprise acheteuse.
- Les seuils de valeur :
- Exonération totale si la valeur des éléments cédés est inférieure à 500 000 €.
- Exonération partielle et dégressive si la valeur est comprise entre 500 000 € et 1 000 000 €.
- L’avantage notable : Sous réserve du respect des conditions, ce dispositif permet une exonération d’impôt sur le revenu ET de prélèvements sociaux. C’est un avantage considérable par rapport au précédent.
3. Exonération pour départ à la retraite : l’article 151 septies A du CGI
Note : Dans le plan initial, je mentionnais l’article 151 septies B, qui est un abattement. L’article 151 septies A est le régime d’exonération totale, plus pertinent ici. Je procède à cette correction pour plus de justesse.
Ce régime vise spécifiquement à accompagner le dirigeant qui cède son entreprise pour prendre sa retraite.
- Pour qui ? Le dirigeant d’une PME qui cède l’intégralité de ses parts ou son entreprise individuelle.
- Conditions clés :
- L’activité doit avoir été exercée pendant au moins 5 ans.
- Le dirigeant doit cesser toute fonction dans l’entreprise.
- Il doit faire valoir ses droits à la retraite dans un délai de deux ans (avant ou après la cession).
- Le fonctionnement : Ce dispositif offre une exonération totale de l’impôt sur le revenu sur la plus-value de cession.
- Point d’attention : Comme pour le premier mécanisme, les prélèvements sociaux restent dus sur le montant de la plus-value.
L’alternative stratégique : le report d’imposition via l’apport-cession
Parfois, les conditions des régimes d’exonération ne sont pas remplies ou l’objectif n’est pas de cesser toute activité, mais plutôt de réinvestir. Dans ce cas, il existe un mécanisme d’optimisation fiscale extrêmement puissant : l’apport-cession, encadré par l’article 150-0 B ter du Code général des impôts.
Le principe : reporter l’impôt pour mieux réinvestir
Attention, il ne s’agit pas ici d’une exonération qui annule l’impôt, mais d’un report d’imposition. L’idée est simple : au lieu de payer immédiatement 30 % de PFU sur votre plus-value, vous « geler » cette imposition pour utiliser 100 % du produit de la vente dans de nouveaux projets. L’impôt ne sera dû que plus tard, lors de la cession des nouveaux titres acquis.
Comment ça marche concrètement ?
Le mécanisme se déroule en trois temps :
- Apport : Vous (le dirigeant) n’allez pas vendre directement les titres de votre société (la cible) à un acheteur. D’abord, vous les apportez à une nouvelle société holding que vous contrôlez. En échange, la holding vous remet ses propres titres. Cette opération d’apport bénéficie d’un sursis d’imposition : la plus-value est constatée, mais pas encore taxée.
- Cession : C’est ensuite votre holding qui cède les titres de la société cible à l’acheteur final. La holding reçoit donc 100 % du prix de vente, sans aucune fiscalité à ce stade.
- Réinvestissement : Pour que le report d’imposition de l’étape 1 soit maintenu, la holding a l’obligation de réinvestir une partie du produit de la vente.

L’obligation de réinvestissement
C’est la condition clé pour que le montage soit valide. La holding doit réinvestir au moins 60 % du produit de la cession dans un délai de 24 mois.
Ce réinvestissement doit financer une activité économique (commerciale, industrielle, artisanale, libérale, agricole ou financière). Cela peut se faire via :
- L’acquisition d’une autre entreprise.
- La souscription au capital de jeunes sociétés innovantes.
- L’investissement dans certains fonds de capital-risque (FPCI, FCPR, SCR…).
Cette stratégie est idéale pour les entrepreneurs qui souhaitent rester actifs et se positionner comme des « business angels » ou développer un nouveau pôle d’activité.
Excellent. Pour synthétiser toutes ces informations et offrir une vue d’ensemble, voici le tableau récapitulatif.
Tableau récapitulatif : quel dispositif choisir ?
Face à ces différentes options, il peut être difficile de s’y retrouver. Le tableau ci-dessous résume les caractéristiques de chaque mécanisme pour vous aider à identifier rapidement le plus pertinent pour votre situation.
| Dispositif | Condition Principale | Nature de l’Avantage | Impôt sur le Revenu | Prélèvements Sociaux | Idéal pour… |
| Art. 151 septies | Chiffre d’affaires < 250k€ ou 90k€ | Exonération totale ou partielle | ✅ Exonéré | ❌ Dus | Les petites entreprises (TPE) cédant leur activité. |
| Art. 238 quindecies | Valeur de cession < 500k€ | Exonération totale ou partielle | ✅ Exonéré | ✅ Exonérés | La cession d’une PME de valeur modeste, optimisant l’impôt et les charges sociales. |
| Art. 151 septies A | Départ à la retraite du dirigeant | Exonération totale | ✅ Exonéré | ❌ Dus | Le dirigeant qui cesse toute activité pour prendre sa retraite. |
| Art. 150-0 B ter | Réinvestissement de 60% du produit de cession | Report d’imposition | ☑️ Reporté | ☑️ Reportés | L’entrepreneur qui veut réinvestir le produit de sa vente dans de nouveaux projets. |
Conclusion : anticiper pour mieux céder
La cession de votre entreprise est une étape trop importante pour être improvisée. Comme nous l’avons vu, la fiscalité sur la plus-value n’est pas une fatalité. Que ce soit à travers des dispositifs d’exonération totale liés à la taille de votre entreprise, à votre départ en retraite, ou via des stratégies d’optimisation comme l’apport-cession, des solutions concrètes existent pour préserver la valeur que vous avez mis tant d’années à construire.
Le maître-mot est l’anticipation. Chaque mécanisme possède ses propres conditions, notamment des durées de détention minimales de 5 ans et des délais à respecter. Il est donc fondamental de préparer votre projet de cession bien en amont pour vous assurer de cocher toutes les cases le jour J.
Un projet de cession est unique, tout comme votre situation. Réaliser un diagnostic précis de votre entreprise et de vos objectifs personnels est la première étape vers une optimisation réussie.
Vous avez un projet de cession ? Parlons-en. Nos experts sont à votre disposition pour réaliser ce diagnostic, vous orienter vers le dispositif le plus adapté et sécuriser votre transmission d’entreprise sur le plan fiscal.




